Anorexie Exercices d'écritures pour adultes

L’enfant plume, Janine Teisson

Volet anorexie

l-enfant-plume

Résumé

À quinze ans, sa fille ne veut plus se nourrir. Elle maigrit à vue d’oeil, sous le regard impuissant de ses parents. Quinze ans, trente et un kilos. Elle est devenue anorexique.   Elle est devenue “enfant plume.” L’auteur, pendant dix ans, tient le journal de cette traversée de la douleur qu’est l’anorexie de son enfant. Elle fait le récit d’une aventure périlleuse, pour la jeune fille qui met sa vie en jeu, et pour ses parents, accablés de désespoir, acculés à la recherche de leur vérité. Elle ne tait rien de l’angoisse qui la brise, de l’aide qu’elle reçoit ou qui ne vient pas, de la guérison qui tarde. Et la jeune fille enfin renaît. Cette maladie, qui semblait appel vers la mort, se révèle séisme de vie, remue-ménage intérieur, avancée vers la joie. Ce témoignage est un message de patience, de courage et d’amour.

C’est un livre très poignant, un regard humain, celui d’une mère sur son enfant.

Extrait
Toujours la même chose. Nous parlons doucement, nous essayons de la raisonner et devant son mutisme le ton monte.
« Tu vas continuer combien de temps à te mutiler comme ça? Tu n’en as pas marre? »
Elle ne dit rien. Rien ne sort de sa bouche, rien n’y entre.
« Que veux-tu prouver ?
— Où cela va-t-il te mener ?
— Pourquoi ? Dis-nous ? »
Chaque fois, nous espérons qu’elle va céder.
« Tu n’aimerais pas avoir une vie normale ? »
Elle se recroqueville sur elle-même, comme si nous la battions. Nous perdons patience. Elle pleure. Nous lui disons: « Pardonne-nous, nous savons que… » Et nous la laissons tranquille. Enfin, tranquille… Nous ne savons pas si elle est délivrée de nous ou si nos questions fermentent en elle et l’empoisonnent.
Après ces séances, seules l’impuissance et la culpabilité ont pris du poids. Nous avons le sentiment de l’avoir torturée pour rien, une fois de plus. Pourquoi avoir été si durs? Mais qui est dur? Nous? Elle? Qui harcèle qui? Nous allons bientôt taper à sa porte pour lui poser une question anodine, à propos de ses vêtements, de ses horaires, pour voir si elle a cessé de pleurer, pour tenter de lui faire comprendre ce que nous ne savons pas dire : « Nous t’aimons. » Mais elle n’est plus dans sa chambre. Elle était là il y a dix minutes. Elle n’a pas dit : « Je sors », comme d’habitude. Nous la cherchons. Le grand portail bat. Que faire ? Nous attendons un moment. Peut-être est-elle allée faire un tour dans le village ? Le temps passe. Son père va vers le bois, dans les écarts. Je marche vers le canal. L’eau court. Opaque. Je cherche ma fille au bord d’un canal. Est-ce que tout va s’arrêter là ? Non, reste comme tu es, avec ce nouveau visage, ce nouveau corps. Nous t’aimerons ainsi, mais ne meurs pas ! Plus loin c’est la voie ferrée. Je rebrousse chemin.
Elle est peut-être partie pour nous faire peur ? Un peu plus peur ? Car elle est en nous, la peur, tissée à nos fibres, imprimée en creux, là, entre nos côtes. Nous la vivons en permanence. La peur de la voir mourir, qui nous aveugle, réduit notre souffle et noue nos gestes et nos pensées. Sans repos.
La maison est sombre. Je monte l’escalier. Sa chambre est éclairée. Elle vient de rentrer.

Consigne d’écriture I
Mettez-vous à la place de la mère et écrivez une lettre à cette jeune fille lui demandant
ce que ses parents peuvent faire pour la rendre heureuse, ce qu’elle attend d’eux.
Minimum 200, maximum 400 mots.

Consigne d’écriture II
La jeune fille est partie chez sa grand-mère qu’elle aime beaucoup pour s’épancher.
Montez un dialogue entre la jeune fille et la grand-mère.
Minimum 300, maximum 450 mots.

Consigne d’écriture III
Dressez une liste de dix éléments (situations, événements, paroles, etc.) que la jeune fille reproche aux parents, et qui est en partie la cause de son mal.
Minimum 250, maximum 400 mots.

Consigne d’écriture IV
Mettez-vous à place du père de la jeune fille. Demandez-vous s’il peut y avoir quelque chose dans votre comportement envers elle qui aurait pu causer sa tristesse.
Minimum 250, maximum 400 mots

Consigne d’écriture V
Imaginez une conversation entre la jeune fille et sa meilleure amie.
Minimum 250, maximum 400 mots.

bouton3 bouton2 boutonachetez