Exercices d'écritures pour adultes Intimidation

Le harcèlement à l’école, Philippe Szykulla

Volet intimidation

Harcèlement à l’école: des traumatismes difficiles à percevoir, de lourdes séquelles
Les enseignants sont sensibles au lancement de la campagne contre le harcèlement à l’école. Et si certains doutent de l’utilité d’une telle initiative, d’autres sont en revanche convaincus. Philippe, professeur, explique pourquoi il est essentiel d’agir, par tous les moyens possibles.

Philippe Szykulla, prof blogueur

25-01-2012

L’éducation nationale lance une campagne de sensibilisation au harcèlement à l’école. Nous pourrions dire enfin, mais nous nous contenterons de tant mieux. Les chiffres parlent d’eux-mêmes et annoncent 10 % d’élèves harcelés, dont 6 % sévèrement.
L’impact sur la confiance en soi, sur la santé mentale et physique, sur le bien-être à l’école, sur la construction de soi pour devenir un adulte équilibré, est redoutable.

Le phénomène concerne toutes les circonstances au cours desquelles un jeune est confronté à la vie de groupe. École publique, enseignement privé, colonies de vacances, club de sport ; toute réunion publique peut devenir prétexte à l’acharnement d’un collectif d’enfants ou d’adolescents contre un seul congénère. Pour prévenir la souffrance d’êtres soumis à la vindicte des autres, chacun doit être attentif dans son rôle d’éducateur.
Parents, enseignants, surveillants et directeurs, éducateurs sportifs sont les premiers à devoir porter un regard des plus vigilants sur une souffrance constatée, même passagère.
La chose n’est pas nouvelle. La littérature nous fournit de nombreux exemples. Nous nous arrêterons à un extrait de Mémoires d’un fou, de Gustave Flaubert, dans lequel il décrit le rapport à sa différence mise à l’index par son entourage lorsqu’il était à l’école:
« J’y vécus donc seul et ennuyé, tracassé par mes maîtres et raillé par mes camarades. J’avais l’humeur railleuse et indépendante, et ma mordante et cynique ironie n’épargnait pas plus les caprices d’un seul que le despotisme de tous. Je me vois encore assis sur les bancs de la classe, absorbé dans mes rêves d’avenir, pensant à ce que l’imagination d’un enfant peut rêver de plus sublime, tandis que le pédagogue se moquait de mes vers latins, que mes camarades me regardaient en ricanant. »
Singularité d’une intelligence, malchance d’en manquer, apparence physique hors norme : autant de choses qui prédestinent au harcèlement.
Il ne faut pas oublier qu’un enfant victime de violences psychologiques connaîtra d’énormes difficultés pour grandir et se construire, parce que les autres s’approprient son espace personnel et nient son droit d’exister.
Bernard Lampert, dans son livre Désamour, paru en 1993 aux éditions du Seuil, souligne qu’il s’agit, dans ce cas, d’organiser « un meurtre psychique : faire en sorte que l’enfant ne soit rien. » Il continue sur cette constatation : « pas de trace, pas de sang, pas de cadavres. Le mort est vivant et tout est normal ». Bernard Defrance écrit en 2000, dans son livre « La violence à l’école » (Éditions Syros) que c’est le caractère banal du harcèlement qui le rend intolérable.
L’élève esseulé, n’arrivant pas à s’affirmer, représente la proie idéale. Les victimes sont souvent des enfants ou des adolescents timides, sensibles et calmes. Le harcelé présente, la plupart du temps, un refus de la violence et du recours à celle-ci. Les sévices subis sont suivis d’un sentiment de honte, de reproches dont on s’accable de s’être laissé faire, d’avoir plié.
Dans cette configuration, l’élève est incapable de se révolter. Une spirale infernale se met en place chez le jeune harcelé, touchant son manque de confiance et l’opinion négative qu’il a de lui-même.
Il faut impérativement que l’on refuse l’idée que ce qui se passe dans les cours de récréation n’est que le reflet de la société. L’école doit être un lieu d’accueil pour tous, et bien plus encore, un endroit privilégié où n’importe quel élève peut se sentir en sécurité, sûr de pouvoir s’épanouir et devenir un adulte abouti.
Cette campagne de sensibilisation au harcèlement l’école est la bienvenue, mais espérons qu’elle sera suivie des moyens nécessaires à sa disparition.

Lire l’article sur le Nouvel Observateur

Consigne d’écriture I
« J’y vécus donc seul et ennuyé, tracassé par mes maîtres et raillé par mes camarades. J’avais l’humeur railleuse et indépendante, et ma mordante et cynique ironie n’épargnait pas plus les caprices d’un seul que le despotisme de tous. Je me vois encore assis sur les bancs de la classe, absorbé dans mes rêves d’avenir, pensant à ce que l’imagination d’un enfant peut rêver de plus sublime, tandis que le pédagogue se moquait de mes vers latins, que mes camarades me regardaient en ricanant. » Gustave Flaubert, Mémoires d’un fou (1838)
Évoquer un souvenir d’enfance douloureux dont vous ou un (e) camarade de classe a été victime. Quelles en ont été les séquelles ?
Minimum 450, maximum 800 mots.

Consigne d’écriture II
L’école, lieu d’accueil.
Comment envisageriez-vous la cour de récréation idéale?
Son architecture, ses équipements, son éclairage, ses aires de jeux, ses innovations permanentes, et le personnel responsable des lieux.
Essai et/ou essai agrémenté d’un plan d’architecte.
Minimum 350, maximum 650 mots.

Consigne d’écriture III
Rédiger une lettre au ministre de l’Éducation nationale en soumettant diverses propositions telles la création d’une cellule de crise au sein de l’école pour éviter toute forme de harcèlement.
Essai détaillé. Ton convaincant.
Minimum 350, maximum 500 mots.

Consigne d’écriture IV
Un élève propose de créer un espace « Non à l’Intimidation » dans la cour de récréation.
En dix points, il fait part de son projet (conception, organisation, contenu etc.) au proviseur qui est fort intéressé par cette idée.
Minimum 300, maximum 600 mots.

Consigne d’écriture V
Commenter la citation de Bernard Lampert, extraite de son livre Désamour.
« Le désamour est un système de destruction qui, dans certaines familles, s’abat sur un enfant et voudrait le faire mourir ; ce n’est pas une « simple » absence d’amour, mais l’organisation, en lieu et place de l’amour, d’une violence constante que l’enfant non seulement subit, mais de plus intériorise – au point qu’on en arrive à un double engrenage, la victime finissant par prendre le relais de la violence exercée contre elle au moyen de comportements autodestructeurs ».
Minimum 350, maximum 600 mots.

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