Exercices d'écritures pour ados Homophobie

J’envie ceux qui sont dans ton coeur, Marie Desplechin

Volet homophobie

DESPLECHIN-ENVIE-CEUX-COEUR

Résumé
Hélène, collégienne, vient d’emménager dans le village de Bartholomé. Très vite, ils se rencontrent. Bart, 13 ans, a un caractère plutôt mordant et incisif. Et, il est des questions qu’il n’aime pas aborder de plain-pied. Comme quand Hélène l’interroge sur sa grand-tante, Rosaimée, et son amie Edmonde qui vivent ensemble.

Extrait
[Bartholomé] — Eh bien, à quoi pensais-tu juste avant de me parler ?
[Hélène] — Figure-toi que je pensais à ta tante Rosaimée. C’est drôle qu’elle soit toujours avec sa copine Edmonde. Elles sont amies depuis longtemps ?
— Depuis que je connais Rosaimée.
— Quand on les voit ensemble, on dirait un couple marié depuis des années. Elles ne font rien sans que l’autre soit au courant. Elles parlent sans cesse à l’oreille. Elles ne s’éloignent jamais l’une de l’autre. Tu crois qu’elles sont…
— ARRÊTE ! […] Je ne VEUX pas que tu dises UN mot de plus sur ma tante, tu comprends ?
— Eh, ne le prends pas comme ça. Je ne voulais pas en dire du mal…
— J’espère bien.
— D’ailleurs je me fiche complètement de la façon dont vit ta tante.
— Alors pourquoi voulais-tu lui coller une étiquette ? Pour la ranger dans une petite case ?
— Oh là là ! Ce n’est pas si grave de mettre un nom sur les choses ! Tant qu’on ne juge pas…
— Et mettre un nom ce n’est pas juger ?
— D’accord, mettons que je n’ai rien dit.
— Tu penses tellement fort que ça me fait mal aux oreilles. Rosaimée n’est ni ceci ni cela. Elle est juste Rosaimée. Et si tu veux savoir quelque chose d’elle, tu n’as qu’à lui demander ce qu’elle en pense. C’est fou comme les gens ont besoin de s’enfermer les uns les autres dans des camps bien étanches. Quand ce n’est pas ta religion, c’est la couleur de ta peau, le pays de tes parents, le quartier où tu vis, les gens que tu aimes… Tu penses qu’il ne suffit pas d’être une personne pour exister. Pour parler de quelqu’un, tu as besoin de tout un tas d’étiquettes. Comme si nous étions des bêtes en route pour l’abattoir. Avec leurs labels accrochés sur l’oreille.
— Ne te monte pas la tête. Je ne veux enfermer personne. Je suis juste curieuse des gens.
— Alors, il suffit juste de parler de Rosaimée qui aime Edmonde qui aime Rosaimée. Pas d’étiquette. Juste la liberté.
— Tu crois que Rosaimée et Edmonde ne la connaissent pas, l’étiquette ?
— C’est leur affaire à elles. Tant qu’elles ne me l’ont pas dit, je ne le pense pas. Elles sont pour moi des personnes uniques au monde, avec une histoire unique au monde.
Je suis hors de moi. Il n’y a pas que l’amour qui réchauffe. La colère aussi. J’ouvre furieusement le blouson que j’avais zippé tout à l’heure jusqu’au menton. Je ronchonne. Puis je m’avise d’Hélène. Crétin que je suis à m’emporter comme ça.
J’aurais pu lui expliquer doucement ce que j’ai mis des années à comprendre. J’aurais pu lui parler du courage de ma tante, du regard frileux de mes parents, des sourires hypocrites des voisins. Mais j’ai crié si vite qu’elle a préféré arrêter la discussion. Elle m’a laissé dégoiser en espérant que je me taise au plus vite. Moi le prétentieux. Le brutal. Le terroriste.

Consigne d’écriture I
Pour parler de quelqu’un, tu as besoin de tout un tas d’étiquettes.
Réagis à cette réplique de Bart, en l’étayant d’exemples dont vous avez été témoin.
Choisir la forme.
Minimum 350, maximum 700 mots.

Consigne d’écriture II
Rosaimée et Edmonde ont invité à goûter chez elles, leur petit-neveu Bart et Hélène,
sa camarade de classe. Hélène, de retour, à la maison, raconte cet après-midi à sa sœur.
Fais la description des personnages, de l’ambiance, de quelques détails de l’intérieur de la maison.
Minimum 450, maximum 800 mots.

Consigne d’écriture III
Sur la table basse, Hélène a remarqué un livre Souvenirs indiscrets de Natalie Barney. Plus tard, elle googlise cet écrivain et découvre un univers qui lui était jusqu’alors inconnu.
Fais le récit d’une expérience semblable où certains de vos préjugés ont volé en éclats.
Minimum 400, maximum 800 mots.

Consigne d’écriture IV
Lorsque tu parles à ta mère parle de sa sœur, tu décèles une vague inquiétude, comme s’il y avait
un problème. « Elle n’est pas comme tout le monde », dit ta mère.
Imagine un dialogue avec ta mère. Tu lui poses des questions bien précises. Tu exiges une explication.
Minimum 350, maximum 700 mots.

Consigne d’écriture V
Tu penses être une personne tolérante. Un de tes camarades de classe te semble moins tolérant. Il accepte tout le monde, dit-il, sauf les gens qui viennent de . . . . Imagine une conversation avec où tu prônes une tolérance sans exceptions alors qu’il fait preuve de quelques réticences.
Minimum 350, maximum 700 mots.

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