Dépression Exercices d'écritures pour ados

La vie d’abord, Anne-Marie Pol

Volet dépression

Laviedabord

Résumé
Une adolescente, Stella, apprend le suicide de Hugo, un camarade de classe dont elle était amoureuse à son insu : stupeur et enfermement dans un imaginaire où elle idéalise ce garçon. Ses parents, trop possessifs et trop peu réalistes sur ce qu’elle est en train de vivre, ne peuvent l’aider. En vacances, elle rencontre Julien, qui est très intrigué par le comportement étrange de Stella repliée dans des rêves poétiques et morbides qui la poussent aux mensonges. Comment arriver à lui redonner le goût de la vie, surtout quand la vérité de son amour imaginaire éclate ?

Extrait
Stella laisse ses affaires en boule sur le granit de la digue. Lorsqu’elle approche du bord de l’eau, le vent lui crible les jambes de picotis sableux.
Elle ouvre les bras en murmurant :
« Loin du noir océan, j’ai voulu m’envoler… »
Sa poésie lui donne du courage. Stella crie la suite (puisqu’elle est seule). Et ses propres mots se mélangent au vent, au clapotement menaçant de la mer….
« Mais la fange putride a englué mes ailes.
Vers le pur idéal mes yeux se sont tournés ;
Mais la réalité a souillé mes prunelles… »

Jetées en plein air, les phrases et les images de Stella prennent une force étrange et troublante. Elle trouve ce poème très beau – comme s’il n’était pas d’elle. Il est la preuve qu’en dehors des études, elle peut réussir quelque chose. Un jour, peut-être (son cahier découvert), sera-t-elle dans un livre de littérature… ?
Stella répète :
Loin du noir océan, j’ai voulu m’envoler….
Et elle rentre dans l’eau glaciale. Ses pieds glissent sur les petits cailloux emportés et rapportés par le ressac. Une vague plus haute déferle et l’éclabousse. Stella perd pied. Elle se met à nager la brasse. Sans se presser. Le regard dardé sur l’île Verte. Pour y arriver, elle a tout son temps. Elle a envie de rire quand elle imagine…
Les crétins de la bande (Clara en tête), s’ils la voyaient… !

Un peu plus tard, j’ai pensé :
Non. Ils ne m’admireraient pas.
Ils ne comprendraient pas mon défi. Ils me trouveraient bizarre. Oui. Ils étaient tous de l’avis de Solange, j’en étais sûre. Même Julien. Quelle idée – diraient-ils – de nager comme ça, bêtement, par mauvais temps, en direction d’une île déserte !
Je me colletais aux éléments pour vérifier que j’avais bien ma (petite) place sur terre. Gagnerais-je la partie ? Je l’ignorais.

« Et si je perds ? » pense Stella.
Alors… la vie aura tranché à sa place. Comme elle a tranché pour Hugo. Cela signifiera que la vie ne veut pas d’elle – non plus.

L’étoile qui me guide a péri dans les flots…

Consigne d’écriture I
Julien, ton camarade de classe, ne cesse de parler de mort, de tragédies, et de suicide. Tu lui envoies un mail en lui disant à quel point ses idées morbides t’effrayent; que tu veux l’aider à tout prix. Tu tentes de le convaincre que sa vie vaut la peine d’être vécue.
Minimum 300, maximum 450 mots.

Consigne d’écriture II
Imagine-toi au bord d’un fleuve ou d’un océan après le suicide d’un ou d’une camarade de classe.
Écris-lui un poème (forme libre, poème en prose ou slam), et dis-lui que son absence te fait mal et à quel point son geste t’a blessé(e) et marqué(e) à vie.
Minimum 200, maximum 500 mots.

Consigne d’écriture III
« Une vague plus haute déferle et l’éclabousse. Stella perd pied. Elle se met à nager la brasse ». Marc, un pompier retraité de la région s’est donné pour mission d’observer la mer et de rattraper in extremis les suicidaires. En voyant la scène, il plonge pour secourir cette jeune fille sur le point de se noyer. Monter un dialogue entre Marc et Stella, quelques heures plus tard, au sec, dans Le Café de la Digue.
Minimum 300, maximum 600 mots.

Consigne d’écriture IV
Julien, ton camarade de classe, ne cesse de parler de mort, de tragédies, et de suicide. Tu lui envoies un mail en lui disant à quel point ses idées morbides t’effrayent; que tu veux l’aider à tout prix. Tu tentes de le convaincre que sa vie vaut la peine d’être vécue.
Minimum 300, maximum 450 mots.

Consigne d’écriture V
Imagine-toi au bord d’un fleuve ou d’un océan après le suicide d’un ou d’une camarade de classe.
Écris-lui un poème (forme libre, poème en prose ou slam), et dis-lui que son absence te fait mal et à quel point son geste t’a blessé(e) et marqué(e) à vie.
Minimum 200, maximum 500 mots.

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