Exercices d'écritures pour adultes Intimidation

Marjorie : le suicide qui traumatise le Québec, Jérôme Hourdeaux

Volet intimidation

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Extrait
Le suicide d’une ado, persécutée au lycée et sur les réseaux sociaux, suscite un vif émoi.

Le suicide d’une lycéenne, qui se disait harcelée par des camarades de classe, a plongé le Québec dans la stupeur et déclenché une polémique sur le harcèlement entre adolescents, notamment sur les réseaux sociaux.
Lundi 28 novembre, dans l’après-midi, Chantal Larose rentre chez elle en espérant trouver sa fille, Marjorie Raymond, une adolescente de 15 ans scolarisée dans un établissement de Sainte-Anne-des-Monts en Gaspésie.

Une lettre d’adieux
Mais, en entrant dans la maison, elle ne trouve qu’une lettre d’adieux de trois pages laissée sur la table de la cuisine et dans laquelle sa fille accuse « la vie et les gens jaloux qui veulent seulement gâcher le bonheur des autres ». Paniquée, la mère cherche Marjorie et la découvre dans le garage, pendue. « J’ai été obligée de la décrocher devant ma petite fille de cinq ans », raconte Chantal Larose au site Canoe.ca.
Selon ses amis et sa famille cela faisait déjà quelque temps que Marjorie, pourtant bien intégrée et disposant de nombreux amis, allait mal et déprimait. Mais, au mois de novembre, son état s’est brusquement dégradé en raison d’un conflit avec une camarade se prénommant Sophie, né entre les deux filles en raison d’un garçon. La querelle a dégénéré au point que les deux filles en sont venues aux mains.
Alertée, la direction a alors pris la décision, le 1er novembre, d’exclure Marjorie pour deux jours et Sophie pour cinq jours. L’affaire aurait pu en rester là, mais Sophie en veut toujours à Marjorie. Sur Facebook, elle se vante d’avoir « gagné » son combat et écrit « Suspendue 5 jours. Ah! Ah! Ah! C’est pas pire! ». Dans les commentaires, les camarades de Sophie se lâchent et se moquent de Marjorie.

Pour l’adolescente, c’était l’incident de trop. « Elle ne voulait plus aller à l’école. La personne qui la harcelait avait sa petite clique. Ça se passait en classe, dans les corridors et dans la cour de l’école », affirme sa mère. Chantal Larose tente alors de prévenir l’école mais, selon elle, la direction minimise le problème et l’aurait même menacée de saisir des services sociaux en raison des absences répétées de sa fille.

La « persécutrice » à son tour persécutée
Malgré la mort de Marjorie, la guéguerre entre lycéens se poursuit sur les réseaux sociaux. Dans les heures qui ont suivi l’annonce de son suicide, le nom de sa présumée « persécutrice » circule sur les réseaux sociaux. Alors que, selon les camarades des deux jeunes filles, il s’agissait de leur première altercation, Sophie est accusée d’avoir tué Marjorie. Sur son compte Facebook, des élèves, des inconnus, des camarades, lui laissent des messages haineux lui reprochant, par exemple, « d’avoir une mort sur la conscience » .
Rapidement, la discussion devient publique et circule sur internet. Les quelques internautes qui tentent de prendre défense de Sophie sont, à leur tour, inondés de messages haineux. En réaction, une page Facebook a été ouverte, mercredi, pour tenter de défendre Sophie mais celle-ci est fermée dès le lendemain. De « persécutrice », Sophie devient à son tour la persécutée.
Cette affaire a en tout cas déjà traumatisé le Québec. Lors de la séance des questions à l’Assemblée nationale, plusieurs responsables politiques ont ainsi annoncé le dépôt de projets de loi visant à durcir la législation contre le harcèlement à l’école, par exemple en donnant la possibilité aux écoles de faire fermer les comptes Facebook des élèves.

Hommages et vidéos
L’émotion est encore plus forte sur Internet, où plusieurs comptes Facebook en hommage à Marjorie ont déjà vu le jour, comme « Une pensée pour Marjorie » ou encore « Marjorie Raymond Love ».De nombreux internautes ont également tenu à réagir à la première personne pour raconter les brimades dont ils ont été eux-mêmes victimes. Des témoignages dont le site Vu sur le Web de Radio Canada propose une sélection.
L’humoriste canadien Laurent Paquin a de son côté réalisé une vidéo reprenant une autre séquence intitulée « L’histoire de Jade ». Dans celle-ci, postée il y a quelques mois, une ado affirme être elle aussi victime de brimades et, à la fin de la séquence, un message affirme que la jeune fille s’est suicidée. Il s’est ensuite avéré que la jeune fille ne s’est pas donné la mort, mais Jade est tout de même devenue un symbole. Depuis, des dizaines d’internautes ont également posté leur vidéo, toujours sur le même modèle, pour dénoncer la harcèlement, également appelé « intimidation » au Québec (voir ci-dessous).

Jérôme Hourdeaux – Le Nouvel Observateur

L’histoire de Jade

 

Consigne d’écriture I
Vous tombez par hasard sur une vidéo identique où figure un ou une ado de votre entourage.
Imaginez votre réaction sous forme de monologue intérieur.
Minimum 500, maximum 800 mots.

Consigne d’écriture II
Philippe, enseignant dans un collège, a découvert une vidéo semblable dans le casier de Vincent, l’un de ses élèves.
À la fin du cours, l’enseignant demande à Vincent de s’asseoir en face de lui et fait défiler des fiches bristol où il condamne l’intimidation, rassure et réconforte Vincent.
Créer entre 20 et 30 fiches bristol. Faire attention au ton et au choix des mots.
Minimum 300, maximum 600 mots.

Consigne d’écriture III
Suite à la mort de Marjorie Raymond, le proviseur a réuni parents et enseignants pour aborder la question des réseaux sociaux et leur façon de les gérer.
Un journaliste fait un entretien avec l’un des parents, M. Launay.
Minimum 350, maximum 700 mots.

Consigne d’écriture IV
Vous êtes en charge d’une cellule de crise pour aider les enseignants à gérer cette situation.
Vous préparez un PowerPoint où figure une consigne, rédigée à l’infinitif, dans chacune des cases.
Minimum 8 cases, maximum 15 cases.

Consigne d’écriture V
Allez sur le site de L’Assemblée nationale du Québec, dwww.assnat.qc.ca, consultez le traitement et le suivi des projets de loi relatifs au harcèlement, à l’intimidation à l’école etc. Rédiger un rapport de l’information que vous y avez trouvée.
Minimum 300, maximum 600 mots.

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