Alzheimer Exercices d'écritures pour adultes

On n’est pas là pour disparaître, Olivia Rosenthal

Volet Alzheimer

Résumé
On n’est pas là pour disparaître part du portrait d’un homme, Monsieur T, atteint de la maladie d’Alzheimer, pour saisir sur le vif ce qu’est la perte de mémoire, de la parole et de la raison. Autour de son cas s’entrelacent témoignages, notes médicales et paroles de celles et de ceux qui sont concernés par ce mal, qu’ils soient les proches ou le malade lui-même. Les fragments d’écriture (paragraphes, phrase solitaires sur une page, groupes de mots sur une ligne) représentent les fragments de vie de Monsieur T. atteint de la maladie d’Alzheimer, qui a poignardé sa femme, et qui auparavant a eu des enfants, s’est marié deux fois, occupait un poste d’ingénieur chez Renault.
Les monologues bouleversants disent avec justesse la douleur du malade, le désarroi de son entourage ainsi que les hantises de la narratrice.

Extrait
La maladie de A. est une affectation dégénérative du cerveau. Cette démence, dont l’étiologie n’est pas encore connue, est associée à des lésions histologiques spécifiques : la présence de plaques séniles, les dégénérescences neurofribillaires et l’atrophhie corticale.

Quel jour sommes-nous ?
Je ne sais pas, homme.
Quelle est la date ?
Je ne sais pas, homme.
Quel mois ?
Je ne crois pas, homme ?
Quelle année ?
Dans le coin, là-bas.
Depuis combien de temps êtes-vous ici ?
Je refuse de me laisser couper. Les hommes coupent. […]

Où habitez-vous ?
Je ne suis au courant de rien.
Pourquoi êtes-vous ici ?
Je ne les connais pas. Aucun d’eux.
Où êtes-vous ?

Tu as devant toi des formes et des couleurs, tu repères des mouvements, tu touches les choses en les tenant entre les doigts, mais tu ne reconnais pas ces choses autrefois familières. Tu commences aussi à ne plus distinguer les couleurs les unes des autres, à voir avec une sorte de surprise comment elles se mêlent et se superposent, à ne pas lier leur assortiment à une forme donnée, à un relief donné. Le ciel n’est plus qu’une sensation bleue, de même que la table ou la fenêtre ne sont qu’un ensemble de points aux consistances diverses sans lien avec ta vie antérieure. De toute façon, ta vie antérieure n’existe pas. Il n’y a pas de vie antérieure.

Consigne d’écriture I
Sur le modèle du premier extrait, montez un dialogue entre un médecin et un patient atteint de la maladie d’Alzheimer, dialogue illustrant l’éclatement du réel qui se joue au fil des jours. Mise en scène théâtrale, humour, et fond musical fortement encouragés.
Minimum 400, maximum 700 mots

Consigne d’écriture II
Un peintre d’une soixantaine d’années, nommons-le Monsieur Tessier, a soudain l’impression de perdre ses repères, de ne plus distinguer certaines choses, comme les couleurs, alors qu’il maîtrisait son nuancer à la perfection. Dans un carnet, il note dans la colonne de gauche, d’autres éléments qui commencent à lui échapper, et dans la colonne de droite, ce qu’il compte faire pour y remédier, par exemple, apprendre l’italien.
Minimum 400, maximum 800 mots

Consigne d’écriture III
Imaginez un personnage à table, dans l’ignorance de ce qu’il mange, dans l’endroit où il se trouve, des objets qui l’entourent, des gens qui lui parlent familièrement et lui paraissent des étrangers.
Minimum 400, maximum 600 mots

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