Autisme Exercices d'écritures pour adultes

Un silence assourdissant, Renée Guillaume

Volet Autisme

Résumé
Si les mots peuvent blesser, le silence peut tuer. Ce récit bouleversant raconte le lent meurtre psychique qui a détruit, petit à petit, une famille « ordinaire ». Confrontée, après des années d’ignorance, à l’autisme de son fils, Renée cherche à connaître les causes de cette maladie où l’enfant refuse le monde. Cette pénible quête va la ramener à sa propre enfance, austère, entre une mère soumise et un père tyrannique. À travers cette poignante confession sur l’enfermement et la solitude, récit de vies brisées, Renée Guillaume aborde cet autisme-là non comme une fatalité mais comme un mal que l’on peut soigner, à la seule condition d’en retracer les origines profondes.

Extrait
Un jour que Renée était à court d’idées, il en vint une à André. « Pourquoi ne pas essayer de le faire écrire ? », dit-il à sa femme. Il avait reçu une carte postale d’un voyage de sa marraine : celle-ci, autodidacte, faisait des fautes d’orthographe et de ponctuation à plume-que-veux-tu. André donc installa Robin à une table et lui prit doucement le poignet. « Tiens, Robin, toi qui es un écolier, tu vas copier cette carte. »

Il ne guida pas le poignet de l’enfant, le tira un peu, simplement pour lui donner de l’élan. Et voilà que les lettres se dessinèrent, les mots se formèrent peu à peu, d’une grande écriture lâche. André continua de tirer doucement le poignet, subjugué. La carte écrite, il bondit vers Renée : « Regarde le travail de Robin ! C’est incroyable. Il sait écrire. » Et la surprise leur coupa le souffle, en relisant la copie de Robin, car toutes les fautes d’orthographe du modèle en avaient disparu. Il savait donc lire aussi, connaissait l’orthographe. […]

Le maître, un homme depuis la rentrée, dérobait parfois aux autres élèves un moment pour tenir le poignet ou le coude de Robin. Son étonnement vint se joindre à celui des parents. « Non seulement il compte cinq fois plus vite que ses camarades, mais il compte plus vite que moi ; à peine a-t-il écrit les opérations qu’il ajoute le résultat. » […]

Le vocabulaire de Robin était précis et vaste, souvent un sujet d’étonnement pour ses parents. Où avait-il appris (en les comprenant) des mots tels qu’ « oliphant », « velléité », « pétrel », un « préalable », « toxique », « délétère », vocabulaire d’adulte cultivé, employé à bon escient, alors qu’il n’avait eu qu’un brimborion de scolarité et n’avait fait aucune étude sérieuse ? Alors qu’il rêvait sans cesse ? Sans doute prêtait-il beaucoup plus d’attention qu’il n’y paraissait à ce qui l’entourait, qu’il voyait, entendait, lisait. Dans ses poèmes jaillissent des résurgences de documentaires, films ou téléfilms, des souvenirs de promenades, de musées, adaptés à des préoccupations, fruit de tout un travail créatif :

Au fond de la mer au fond de la vie
Au fond des fidèles mots
Je rêverai aux forêts de roseaux
De rosiers constellés de rondeaux
De rois mythiques
De l’orage doré de mes désirs.
Auprès des fleurs regrettées de mes défis
Au bord des féeries des iris
Je viserai une offrande
Dont le paisible visage s’étonnera
Je tirerai une flèche
Pour révéler la maladie de mon être
De silence et de peur.

Consigne d’écriture I
En tant une personne qui ne peut pas communiquer comme « tout le monde », vous suscitez l’animosité de vos camarades de classe, qui éprouvent une certaine jalousie quand le prof semble « trop attentif ». Écrivez une lettre à vos camarades de classe.
Maximum 450-700 mots.

Consigne d’écriture II
Vous rendez visite à des amis dont le fils, Lucas, est autiste. Alors que vous relatez vos souvenirs de vacances à Londres, Lucas vous interpelle en anglais. Stupéfait, vous lui demandez de vous raconter dans quelles circonstances il a appris l’anglais à l’insu de tous.
Minimum 400, maximum 800 mots.

Consigne d’écriture III
Écrivez un poème, dans la même veine que celui de Robin, où émergent les sentiments et les sensations ressenties par le jeune homme.
Minimum 400, maximum 600 mots.

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