Autisme Exercices d'écritures pour adultes

Le silence de Clara, Patrick Cauvin

Volet autisme

Résumé
Ferdinand vit seul avec Clara, sa fille de huit ans, autiste. Il s’efforce de faire ce qu’il peut pour l’enfant, jusqu’au jour où il découvre, dans son cahier de dessins, quelques lignes parfaitement tracées, décrivant un voyage en Alaska… en 2102. Convaincu que personne d’autre que Clara n’a pu accéder au cahier pour y inscrire ces phrases étranges, Ferdinand part sur la piste de l’incroyable. Non pas en Alaska, mais en France, dans un village au fin fond de l’Ardèche, où s’est déroulé jadis un drame resté ignoré. Un drame que Clara, mystérieusement, connaît. Patrick Cauvin s’aventure ici vers le paranormal, auquel il confère une réalité saisissante. Il campe, avec une bouleversante sensibilité, le personnage de la petite Clara, qui émerge peu à peu du silence.

Extrait

– Qu’est-ce qui ne va pas ?
– Cette gosse.
– Qu’est-ce qu’elle a ?

Elle s’était levée, j’avais vu surgir son profil sur le tulle des rideaux.

– Elle ne sourit pas. Jamais.

C’était vrai, elle n’avait jamais souri. Elle n’avait jamais pleuré non plus. Il y avait gros à parier que la vie passerait sans qu’elle connaisse ni le rire ni les larmes. Après tout, ça pouvait ne pas être plus mal.

C’est à ce moment-là que les examens ont commencé. Les tests en batterie, les épreuves psychomotrices, les scanners, les mesures d’influx cérébraux, les analyses sanguines… J’accompagnais, j’étais là, mais pas assez… je le sentais bien, quelque chose en moi tirait du côté de l’indifférence, plutôt une tentative pour ne pas me faire agripper par la tragédie qui serait celle de notre enfant. Je désertais, oui, je peux l’avouer à présent, je désertais. Clara était entre les mains des spécialistes, c’était à eux de trouver des solutions, pas à moi… […]

Il restait quatre heures avant le rendez-vous pour la séance d’hypnose.

Comment les médecins allaient-ils s’y prendre ? Comment pouvaient-ils croire qu’ils réussiraient ? Le monde extérieur était si peu présent à sa conscience que je pouvais me demander encore aujourd’hui si elle avait pu, à certains moments, identifier une forme, un visage qui fût moi, distinct du décor qui m’entourait. Étais-je pour elle différent des murs, des meubles, de tout ce qui encombrait sa vision ? Je n’en étais pas sûr. Je m’étais souvent demandé quel aurait été son comportement, au cours des cauchemars qui, à une époque, avaient brisé son sommeil, si un autre que moi était venu… Morlon m’avait expliqué que ce genre de malade, s’il n’avait pas la reconnaissance de l’individu, en avait la connaissance sensitive : il lui fallait retrouver les mêmes odeurs, le même son de voix, le même toucher. […]

Consigne d’écriture I
Montez un dialogue avec un autiste qui ne parle pas.
Imaginez ses réponses à vos questions, réponses faisant écho à ce qui le tourmente le plus.
Minimum 400, maximum 700 mots.

Consigne d’écriture II
Vous vous trouvez seul(e) dans une pièce avec une personne autiste qui, pour des raisons mystérieuses, a peur de vous. Que lui dites-vous pour la rassurer, la convaincre que vous ne présentez aucune menace?
Minimum 400, maximum 650 mots.

Consigne d’écriture III
À partir de recherches sur l’Ardèche (patrimoine historique, religieux, grottes, rivières, etc.), reconstituez un univers tactile, olfactif, sonore, ou gustatif qui permettra à un enfant autiste de mieux reconnecter avec ses proches. Ébauchez au moins trois projets susceptibles de déclencher des sensations et des émotions.
Minimum 400, maximum 800 mots.

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