Exercices d'écritures pour adultes Homophobie

Vivre avec l’homosexualité de son enfant, Sylvie Giasson

Volet homophobie

VivreaveclasexualiteGiasson

Résumé
C’est l’histoire de parents, Évelyne et Jean-Marc, et de leur fils Sébastien, 23 ans, qui fait son coming-out. Il y a Julie, sa sœur; Benoît, son amoureux, et une amie, Mariane, la belle androgyne, qui se demande si elle est fille ou garçon. Il y a aussi la grand-mère à qui on essaye de cacher la nouvelle qui risquerait de la faire mourir sur le champ ! Et il y a Alice, 6 ans, qui pose des questions comme seuls les petits savent en poser…
C’est à travers cette trame principale que sont insérés des éléments d’information sur ce qu’est l’homosexualité, sur les principaux mythes qui l’entourent et sur des façons pratico-pratiques de traverser le coming-out en famille.

Extrait
« J’ai perdu mon fils… »

Évelyne, la mère de Sébastien
Sur le dessus du panier en osier où je range ma correspondance et les factures à payer trône la lettre que mon fils Sébastien m’a remise en cachette, il y a deux semaines. Comment deux feuilles d’une écriture si fine et si minutieuse peuvent-elles peser plus lourd sur le cœur qu’un boulet et ses chaînes ? Comment un simple bout de papier peut-il anéantir en un instant tout ce que l’on croyait connaître de soi et de son enfant ? […]

Je n’en reviens pas encore. Depuis quinze jours, je vis comme si j’existais à l’extérieur
de mon corps. J’ai l’impression d’être la spectatrice de ma vie, de notre vie à tous. Je me cache pour pleurer à l’écart de Jean-Marc et de Julie, à qui je pardonne difficilement de nous avoir dissimulé ce qu’elle savait depuis trois mois. C’est à sa « petite sœur » que Sébastien s’est d’abord confié. Cela ne m’étonne pas, mais cela me heurte. […] Quant à Jean-Marc, fidèle à lui-même, il boude. Il a les dents serrées, ce qui, je n’en doute pas, sert à endiguer sa déception, sa colère et ses larmes. Il s’est muré dans un silence si froid et si dur que j’en frissonne. Je crains le pire. Il a déjà commencé à dire que Sébastien ne remettrait plus jamais les pieds à la maison, qu’il n’accepterait pas « ça » sous son toit.
J’ai essayé de lui dire que son intransigeance ne nous aiderait en rien, que la situation risquait de se détériorer… Je vois déjà dans quelle position tout cela va me placer : entre l’arbre et l’écorce. […]
La pensée qui m’habite en ce moment est horrible. J’ai l’impression que Sébastien n’est plus Sébastien, un peu comme s’il était mort. J’ai beau essayer de me raisonner, j’ai le sentiment que le petit garçon que j’ai bercé, le jeune adulte que j’ai vu grandir et devenir beau, a disparu pour faire place à un pur étranger. Comme si j’étais en deuil, en deuil
d’un être encore vivant. […]
Je ne sais plus qui est mon fils. Et, par ricochet, je ne sais plus qui je suis.

Consigne d’écriture I
Rédiger la lettre que Sébastien a écrite à sa mère.
Il raconte ses angoisses, son mal-être dans une société qui ne l’accepte pas,
ainsi que sa peur d’annoncer la nouvelle à sa famille.
Minimum 400, maximum 700 mots.

Consigne d’écriture II
Une fois le choc passé, Jean-Marc remet en question son attitude envers son fils.
Il analyse ses sentiments et son éventuelle culpabilité.
Monologue intérieur.
Minimum 400, maximum 600 mots.

Consigne d’écriture III
Quelques jours plus tard, alors que toute la famille est réunie à table, Julie, la petite sœur,
tente de renouer le dialogue, d’apaiser les tensions en parlant ouvertement de ses copains gays à l’université.
Dialogue entre tous les membres de la famille.
Minimum 450, maximum 800 mots.

Consigne d’écriture IV
Recréer une conversation entre Évelyne et sa sœur, une personne tolérante,
qui n’est aucunement choquée par l’homosexualité de Jean-Marc.
Minimum 400, maximum 600 mots.

Consigne d’écriture V
Lucas, le meilleur ami du père de Jean-Marc, prône une homophobie littéralement violente. Perturbé par les propos inquiétants de son ami, le père de Jean-Marc commence à se poser des questions concernant sa condamnation de Jean-Marc.
Monologue intérieur ou dialogue entre le père de Jean-Marc et Lucas.
Minimum 450, maximum 700 mots.

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